La 3e édition du Festival européen des 4 écrans se tiendra les 18, 19 et 20 novembre 2009 à la BnF, site François-Mitterrand et au MK2 Bibliothèque.
A très vite !

La 3e édition du Festival européen des 4 écrans se tiendra les 18, 19 et 20 novembre 2009 à la BnF, site François-Mitterrand et au MK2 Bibliothèque.
A très vite !
Vincent Moon, c’est l’homme derrière la caméra que vous pouvez croiser assez régulièrement dans des concerts de rock à Paris. Ou dans la rue, accompagné d’une tripotée de musicien. C’est aussi celui qui a révolutionné la manière de filmer la musique avec la Blogothèque et ses concerts à emporter. Un concept repris avec plus au moins de bonheur dans le monde entier, notamment en Angleterre, ou en Suède.
Le réalisateur revient sur les rapports entre web et vidéo. L’internet pour lui, c’est un formidable terrain de jeu où tout est à faire, à condition de s’inventer en dehors des formats traditionnels et de développer des outils et une écriture propre à ce support.
Ce qu’il cherche avant tout dans son travail, c’est le rapport direct à l’humain, à la musique.
Mais pour Vincent Moon, Internet permet surtout de renouveler les relations entre spectateurs et image.
Moisson de prix pour le réalisateur estonien, Ilmar Raag, qui repart avec trois récompenses pour son film “The Class”.
C’est le grand vainqueur de la soirée de remise des prix. L’Estonien Ilmar Raag décroche le Grand prix des 4 écrans, l’Ecran d’argent Ciné-Télé et le prix du Jury jeunes.
doneAnna Britz et Mounir Soussi
Les télévisions devraient s’inspirer de cet homme. Alexandre Brachet, est membre du jury Net-Mobile. Il est producteur labelisé 100% web, responsable du site upian.com et a lancé, en partenariat avec Arte, une petite bombe dans le PAF.
Gaza-Sderot, une série documentaire diffusée sur l’Internet, redéfinit les codes de la narration.

Alexandre Brachet explique le concept de Gaza-Sderot:
“Horaires d’ouvertures” est un court-métrage qui observe les réactions des sans-papiers de Bobigny face à une exposition du photographe Paolo Woods qui leur est consacrée. Un thème qui a ému le jury Net-Mobile. Carole Cheysson a donc reçu l’Ecran d’Or, une réelle reconnaissance pour cette réalisatrice débutante.
Elle estime aussi que les supports audiovisuels sur Internet, sont voués et à se développer, au point de voir bientôt émerger une nouvelle économie.
Tangi Loisel
“And the winners are…” Et bien oui, parce que Ilmar Raag n’est pas le seul à avoir été récompensé ! Le suspense n’est plus entier mais reprenons la cérémonie de samedi depuis le début. Le premier Ecran d’Or de la soirée a été décerné dans la catégorie Film Net-Mobile. Et le prix revient à …
done“Horaires d’ouverture” de Carole Cheysson donne la parole à des immigrés en attente du renouvellement de leur permis de séjour à la préfecture de Bobigny.

Grand absent de la soirée, Geoffrey Smith, réalisateur de “The English Surgeon“, a reçu l’Ecran d’Or dans la catégorie Ciné-Télé.
Pour regarder un extrait, cliquez ici
Puis ce fut la consécration pour Ilmar Raag, qui a tout d’abord décroché l’Ecran d’Argent dans cette même catégorie, pour “The Class“, récompensé quelques minutes auparavant par le Jury Jeunes.
doneCerise sur le gâteau, Ilmar Raag se paie le luxe de remporter, juste après, le Grand Prix du Festival des 4 écrans. La “class” estonienne, tout simplement.
doneNolwenn Hervé et Gabriel Vedrenne.
Le palmarès complet:
- Grand prix: “The Class” de Ilmar Raag (Est.)
- Ecran d’Or Ciné-Télé: “The English Surgeon” de Geoffrey Smith (UK)
- Ecran d’Argent Ciné-Télé: “The Class” de Ilmar Raag (Est.)
- Ecran d’Or Net-Mobile: “Horaires d’ouverture” de Carol Cheysson (Fr.)
- Ecran d’Argent Net-Mobile: “Sans Echo” de moxon13 (Fr.)
- Prix du Jury jeunes: “The Class” de Ilmar Raag (Est.)
- Prix du Phone reporter: “Le Taser, une arme ‘non-létale’?”
Voir aussi la réaction du grand gagnant de la soirée, Ilmar Raag, et celle de la lauréate de l’Ecran d’Or Net-Mobile, Carole Cheysson

Investir tous les écrans, c’est assurement l’une des clés de la réussite pour les créateurs de demain. C’est notamment la trajectoire inattendue de “Ségo et sarko sont sur un bateau“, le film grâce auquel Karl Zéro a chamboulé le schéma classique de diffusion d’une œuvre. Mais cet exemple n’est-il qu’un cas isolé? Les décideurs annoncent l’émergence inexorable des stratégies plurimédias, pourtant aucun ne semble encore savoir comment s’y prendre.
Plutôt en pointe sur ces questions, Arte propose de retrouver ses programmes sur différentes plates-formes : sur la télévision d’abord, les sept jours suivants sur le site Arte+7, puis enfin en VOD. Un dispositif qui a permis au documentaire “Le monde selon Monsanto” de rencontrer un succès inattendu. “L’effet viral a permis une grande affluence sur notre site (…) Alors qu’ un dossier n’attire en moyenne que 30 000 visiteurs par mois, la page consacré au documentaire sur Monsanto a enregistré plus de 700 000 visites” détaille Michael Strier, de la direction Développement et coordination de la chaine franco-allemande. Il concède avoir été étonné par ce succès, mais reconnaît néanmoins “ne pas être tout a fait prêt pour le plurimédia. Cela reste encore difficile de décliner un contenu sur 4 écrans”. Mais chaque support de diffusion attire son public, si bien que les médias classiques assistent à une fragmentation de l’audience et doivent y faire face.
Lagardère Active Média, pourtant en situation de leadership, sait qu’il doit s’adapter à cette nouvelle donne. C’est ainsi qu’il investit massivement dans l’internet pour aller chercher les plus jeunes. Emmanuel Vacher, directeur Marketing et commercialisation de Lagardère, s’efforce de “faire glisser les marques du groupe sur le plus de canaux possibles, pour rester en contact avec nos publics”. Le plurimedia s’impose donc comme une évidence pour toucher tout les publics, mais Lagardère le fait surtout pour séduire ses annonceurs.
La transition vers le plurimédia est donc en marche, mais elle prend son temps. M6 n’a lancé que tardivement sur l’Internet le site M6Replay, sa “catch-up Tv” qui permet de regarder les programmes diffusés récemment à la télévision. De son côté, TF1 a aussi lancé sa télévision de rattrapage mais ne demande pas encore de créations plurimédias à ses producteurs. Lagardère, qui produit de nombreux programmes pour la télévision, constate que les chaines commandent rarement des contenus destinés à une diffusion plurimédia. Emmanuel Vacher reconnait que sa position de producteur ne lui permet pas d’innover: “Une fois vendues, la chaine de télévision est libre de ne diffuser nos productions que sur un seul média”.
La migration vers le plurimédia dépend donc des principaux diffuseurs, les grandes chaines de télévision. Du côté d’Arte, Michael Strier admet que “les décisions de TF1 et M6 seront décisives pour faire évoluer les modèles économiques du secteur”. Les médias français lui semblent d’ailleurs en retard, face aux dernières innovations en Allemagne. Là-bas, RTL diffuse sa série phare “gute Zeiten, schlechte Zeiten” (une sorte de “Plus belle la vie” locale) en avant-première payante sur son site internet, puis quelques heures plus tard à la télévision.
De telles initiatives devraient se généraliser à l’avenir dans le PAF. Mais le plurimédias n’en est qu’aux balbutiements, la réussite de Karl Zéro n’est qu’une exception. L’un de ses anciens collaborateurs confie que le déploiement vers différents supports s’est fait de manière opportune, au gré des collaborations proposées par les fournisseurs internet, les magazines et les chaines de télévisions. Il n’existe donc encore pas de modèle économique établi, mais les projets innovants se multiplient. Arte vient de lancer le projet “Twenty show”, une série d’abord conçu pour le web, et qui se concluera par une soirée thématique sur la chaine de télévision l’an prochain.
Mounir Soussi, Gabriel Vedrenne
Seuls de rares curieux et spécialistes ont atteint le 18ème étage de la Bilbliothèque Mitterrand, pour rencontrer les experts des serious video games ce samedi après-midi. Il faut dire que la thématique était ardue. Les serious games sont ces jeux qui dépassent le divertissement et engagent le joueur dans une démarche de formation. Inconnus pour vous ? C’est normal : ils débarquent à peine en France et leur modèle économique reste à définir.
Robert Stone, directeur de l’ “Human interface technologies team” à l’université de Birmingham donne sa définition du jeu vidéo sérieux, et revient sur les frontières entre jeu vidéo et simulation. Jean Menu, directeur de projet jeu vidéo à la Cité des Sciences et de l’industrie évoque les applications des jeux sérieux pour le marketing.
done
A lire aussi : “Quand le virtuel se prend au sérieux”, et “Les serious video games, kezako?“
Autour de la table du débat, les avis étaient partagés entre optimistes et pessimistes. “Pour la France ça se passe mal”, alerte Bertrand Pecquerie qui rappelle que seul un quotidien Français -Ouest France- figure dans le peloton de tête des 30 plus gros titres d’info généraliste, et ce, malgré de puissants groupes industriels bien placés. Le président du World Editors forum qui réunit des décideurs de la presse du monde entier, dresse un constat encore plus alarmant pour la presse française sur Internet. “Le site Internet du Guardian comptabilise plus de visiteurs que toute la presse française généraliste réunie !”
Pourtant, la hausse constante du nombre de lecteurs sur Internet promet un bel avenir à l’information en ligne. Bruno Patino, directeur de France Culture et ancien président du Monde Interactif, en veut pour preuve l’audience des sites Internet par rapport aux supports d’origine. “Le marché est en augmentation constante depuis 1998. Ce qui n’était au début qu’une audience de complément est maintenant devenue supérieure aux journaux papiers et aux chaines d’informations télé et radio”, a détaillé Bruno Patino. Il a cité l’exemple de CNN.com, un site Internet qui fait parfois deux fois plus d’audience que la chaîne d’information en continue elle-même. Face à cela, quelle place pour la version papier des quotidiens ? Marco Formento observe que les produits traditionnels deviennent des niches de luxe. Le directeur du quotidien italien, Il Secolo XIX, voit la presse en ligne comme “l’avenir de l’information” avec à côté des supports papiers haut de gamme.
Lagardère, Dassault, Bouygues, ces trois poids lourds de l’industrie française sont aussi des capitaines de gros médias. Pierre Haski de Rue89 s’en inquiète mais Bruno Patinot souligne que jusqu’à maintenant l’Internet ne peux pas faire vivre de groupes de journaux. Aux Etats-Unis le modèle des journaux détenus par l’actionnariat familial connaît une crise. La solution serait-elle dans la diversification des sources de financement ? Pierre Haski a fait ce pari. “Nous ne sommes même pas posé la question de la gratuité car c’est la culture même du web. Mais pour être indépendants de la publicité, nous avons développé une agence web en parallèle”, explique le directeur de Rue89.
L’un des thèmes abordés par les intervenants est aussi l’un des principes fondateurs de Rue89 : le journalisme participatif ou journalisme citoyen. Il s’agit de donner la parole aux internautes en leur permettant non seulement de réagir aux articles publiés par la rédaction, mais aussi de les laisser mettre en ligne leur propre production.
Taos Aït Si Slimane, médiatrice scientifique à la Cité des Sciences et de l’Industrie et présente lors de la conférence, est une fidèle lectrice. Elle est le parfait exemple de la nouvelle tendance chez les lecteurs des sites d’information. “J”écris de nombreux commentaires, des critiques, mais j’envoie aussi des idées de reportages, des infos,” explique-t-elle. “Pendant les élections municipales, j’envoyais les premiers résultats de certaines régions. Je surfe beaucoup la nuit sur Internet, et à 1 heure, 2 heures ou 3 heures du matin, je peux réagir sur les nouveaux articles publiés.”
Selon Pierre Haski cette activité des internautes est primordiale. Pas d’avenir pour les sites d’information sans leur concours. Il nous détaille quelle sera la place des citoyens dans la fabrique de l’information de demain.
done
Le réalisateur barcelonais a posé sa caméra dans une minuscule boutique de retouches du quartier pakistanais de la capitale catalane. Après 15 jours de tournage il a réussi à saisir au vol des instants cocasses faits d’incompréhension entre Mohammed, un tailleur d’origine pakistanais, ses clients et ses employés.
Filmer des personnages dont il ne comprenait même pas la langue n’a pas fait peur à Oscar Pérez. Ce réalisateur espagnol s’est fié aux expressions des visages, aux gestes et aux situations. Une confiance pure en l’image et en son intuition en somme. “Le plus grand défi était de filmer dans un espace si réduit. Parfois, les clients de la boutique me cachaient l’objectif”, s’amuse l’auteur de ce documentaire de 30 minutes. On connaissait Oscar Pérez pour Salve Melilla, un film sur l’enclave espagnol en territoire marocain. Cette fois-ci, en route pour le quartier El Raval à Barcelone. ” C’est un quartier où il y a sûrement plus de Pakistanais que d’Espagnols”, selon le réalisateur de 35 ans originaire de Gérone.
Pour autant, l’émigration n’est pas la préoccupation numéro 1 d’Oscar Pérez. Ce qui l’intéresse avant tout, ce sont les histoires d’humains, parfois loin de chez eux, et leurs rapports avec autrui, comme il l’explique ici.
done
Ce qui surprend à la vision de ce documentaire, c’est le naturel des personnages. Ils parlent tous un espagnol teinté des accents du monde entier : Asie, Moyen-Orient, Amérique latine. Le burlesque de certaines scènes pourrait laisser croire que le film est joué. Mais pour Oscar Pérez, le naturel du film tient dans la conception même que les Pakistanais et les Indiens ont de la caméra. “Pour Mohammed et Singh, une caméra vient forcément pour faire un film de Bollywood. Ils ne conçoivent que la fiction, et ont d’ailleurs trouvé mon film très ennuyeux”. L’avantage est que le réalisateur a eu la liberté totale pour tourner.
Ce documentaire, déjà primé 6 fois dans plusieurs festivals du monde entier, a donné des idées au réalisateur. Oscar Pérez prépare déjà un autre film intitulé “le frère du tailleur”, dans lequel il suit les péripéties du frère de Mohammed. Un film sur Singh, l’ex-employé de Mohammed est également en préparation. “Il s’est trouvé une fiancée russe à Barcelone”, raconte Oscar Pérez qui promet là encore des sommets d’incompréhension entre les personnages.
Quelques extraits de El Sastre, “le tailleur”, 2007.
done