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CA CRITIQUE…

Une femme à abattre 

7 octobre 2006. Dans le hall de son immeuble, rue Lesnaïa, à Moscou, Anna Politkovskaïa est assassinée. Quatre coups de feu pour taire à jamais sa voix discordante. Journaliste russe, elle dénonçait sans cesse la situation en Tchétchénie, et s’opposait au président Vladimir Poutine. Elle était une femme à abattre. 

Une femme à abattre, Raspail production

 

Claire (Mélanie Doutey) est fiancée à Andreï, un journaliste russe exilé en France. À l’annonce de la mort d’Anna, l’homme retourne à Moscou. Pour les obsèques de cette femme engagée, qu’il admire. Pour rechercher la vérité, aussi. Qui a tué Anna ? Qui est le commanditaire de cet assassinat ? 

Très vite, Claire n’a plus de nouvelles d’Andrei. Elle embarque à son tour pour la capitale russe, et part sur les traces de l’homme qu’elle aime. La jeune femme découvre une Russie secrète, froide, où la presse n’est pas libre, où les informations s’achètent et se paient parfois au prix de la vie. Elle rencontre la famille d’Andreï, désabusée. Elle se lie d’amitié à une interprète, vive, optimiste. 

Au fil de son parcours, le combat d’Andrei devient le sien. Claire se laisse séduire par la force d’Anna Politkovskaïa. Elle est entraînée jusqu’en Tchétchénie par ce désir de vérité. Qu’est-il advenu d’Andrei ? Qu’a-t-il appris sur l’assassinat d’Anna ? Plus sa propre enquête avance, et plus les menaces sont grandes. Claire devient, à son tour, une femme à abattre.

« Une femme à abattre » d’Olivier Langlois n’est pas sans évoquer « Un cœur invaincu », de Michael Winterbottom. Rappelons-nous, ce long-métrage mettait en scène Angelina Jolie dans le rôle de Marianne Pearl, la femme du journaliste américain Daniel Pearl, décapité au Pakistan. Ces deux films racontent l’angoisse vécue par des femmes, dont les maris, journalistes engagés, ont disparu. Ils montrent leur détresse, leur courage, leur quête de vérité – jusqu’à l’indicible, jusqu’à l’horreur.

« Une femme à abattre » dépeint un paysage médiatique russe sinistré. Ce film est une réflexion surl’engagement des journalistes. Il témoigne de leur solitude, au sein d’une population préoccupée par les urgences du quotidien. Implicitement, on découvre aussi avec ce film, que nombre de Russes acceptent difficilement la critique de leur patrie. Le journalisme d’opposition n’est pas toujours le bienvenu dans cette nation, désireuse de recouvrer sa grandeur passée. L’œuvre d’Olivier Langlois montre combien il est difficile de faire éclater la vérité. 

 

Anne-Claire Letki

Voir la bande-annonce du film.

Lire l’interview d’Elsa Vidal de RSF.

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