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CA CRITIQUE

Pool of Princesses

Il est loin le Berlin branché et underground. Dans Pool of Princesses, c’est le quartier de Kreuzberg qui tient lieu de décor. Et le point de départ de ce documentaire allemand : la célèbre piscine de ce coin pauvre et prolétaire. C’est là que la réalisatrice Bettina Blümmer rencontre l’une des protagonistes, Klara, qui lui présente ses amies d’enfance, Mina et Tanutscha.

mina

Pendant un an et demi, Bettina Blümmer va suivre ces trois adolescentes précoces de 15 ans dans leur quotidien, leurs révoltes et leurs espoirs. Le résultat est saisissant de vérité. Tant par la réalité sociale que décrit le film que par la mise en images : la photo est crue, sans fioritures, et les gros plans laissent la place aux émotions plutôt qu’aux mots.

Entre deux âges – l’enfance et l’âge adulte – Klara, Tanutscha et Mina jonglent avec des émotions fortement contrastées, d’une douceur empreinte de naïveté à la violence la plus dure. L’une, Klara, suit un programme de réintégration scolaire dans une « école pour sécheurs » et exécute 36 heures de travaux d’intérêt général pour avoir volé 2 000 euros à sa grand-mère. L’autre, Tanutscha, aimerait décrocher un BEP. Leur existence se résume en quelques mots : se maquiller, s’apprêter et traîner dans les rues tristes de Kreuzberg, quand elles ne sortent pas pour boire en compagnie d’amis toujours plus âgés qu’elles. Un élément immuable : la cigarette, qui ne les quitte jamais.

Seule Mina trouve un semblant d’équilibre avec George, cinq ans plus vieux qu’elle. Mature, elle est la raison du groupe et conseille ses copines, livrées à elles-mêmes et un peu paumées. Paumées comme leurs trois mères divorcées. Trois grandes ados elles aussi, à la responsabilité parentale plus ou moins assumée. Comme la mère de Klara qui ne lui fixe que deux règles : pas d’héroïne ni de grossesse. Un doux programme…

Les garçons, le sexe, la drogue, les permissions de sortie… Le documentaire se déroule à Berlin mais pourrait tout aussi bien se passer à Paris ou à Beyrouth, tant les préoccupations des ados se ressemblent. Et c’est là toute la réussite de ce documentaire que de les rendre universelles.

 

Sophie Normand

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