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RENCONTRE

Oscar Pérez, réalisateur du documentaire El Sastre.

Le réalisateur barcelonais a posé sa caméra dans une minuscule boutique de retouches du quartier pakistanais de la capitale catalane. Après 15 jours de tournage il a réussi à saisir au vol des instants cocasses faits d’incompréhension entre Mohammed, un tailleur d’origine pakistanais, ses clients et ses employés.

Filmer des personnages dont il ne comprenait même pas la langue n’a pas fait peur à Oscar Pérez. Ce réalisateur espagnol s’est fié aux expressions des visages, aux gestes et aux situations. Une confiance pure en l’image et en son intuition en somme. « Le plus grand défi était de filmer dans un espace si réduit. Parfois, les clients de la boutique me cachaient l’objectif », s’amuse l’auteur de ce documentaire de 30 minutes.  On connaissait Oscar Pérez pour Salve Melilla, un film sur l’enclave espagnol en territoire marocain. Cette fois-ci, en route pour le quartier El Raval à Barcelone.  » C’est un quartier où il y a sûrement plus de Pakistanais que d’Espagnols », selon le réalisateur de 35 ans originaire de Gérone.

Pour autant, l’émigration n’est pas la préoccupation numéro 1 d’Oscar Pérez. Ce qui l’intéresse avant tout, ce sont les histoires d’humains, parfois loin de chez eux, et leurs rapports avec autrui, comme il l’explique ici.

 

 

Ce qui surprend à la vision de ce documentaire, c’est le naturel des personnages. Ils parlent tous un espagnol teinté des accents du monde entier : Asie, Moyen-Orient, Amérique latine. Le burlesque de certaines scènes pourrait laisser croire que le film est joué. Mais pour Oscar Pérez, le naturel du film tient dans la conception même que les Pakistanais et les Indiens ont de la caméra. « Pour Mohammed et Singh, une caméra vient forcément pour faire un film de Bollywood. Ils ne conçoivent que la fiction, et ont d’ailleurs trouvé mon film très ennuyeux ». L’avantage est que le réalisateur a eu la liberté totale pour tourner.

Ce documentaire, déjà primé 6 fois dans plusieurs festivals du monde entier, a donné des idées au réalisateur. Oscar Pérez prépare déjà un autre film intitulé « le frère du tailleur », dans lequel il suit les péripéties du frère de Mohammed. Un film sur Singh, l’ex-employé de Mohammed est également en préparation. « Il s’est trouvé une fiancée russe à Barcelone », raconte Oscar Pérez qui promet là encore des sommets d’incompréhension entre les personnages.

Quelques extraits de El Sastre, « le tailleur », 2007. 

 

Raphaël Moran et Rym Ben Ameur

 


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