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CA CRITIQUE

Rosalinde, en quête d’amour bâclé


Le réalisateur de TV-films Paco Wiser propose avec « Rosalinde« , un web-documentaire sur l’amour. Il parcourt Paris pour demander à des jeunes femmes leur vision et leur définition de ce sentiment particulier.  Le réalisateur se défend de faire dans le cliché, mais son documentaire est peu convaincant.

Dans « Comme il vous plaira », la Rosalinde de Shakespeare décidait de devenir heureuse en jouant à tomber amoureuse.  Dans le « Rosalinde » de Paco Wiser, des Parisiennes expliquent comment elles voient, parlent et vivent l’amour en 2009.  Une série de rencontres entre un réalisateur et des inconnues, dont le but est de trouver une nouvelle Rosalinde qui joue à l’amour et qui aime ça.

Jusque là, l’idée est plutôt séduisante. C’est vrai, l’amour, tout le monde le cherche, l’essaye, en parle et beaucoup en font un élément essentiel de leur vie. Voir les autres en parler c’est aussi un moyen d’essayer de le comprendre. Sauf que l’enquête de Paco Wiser a vite fait de décevoir. Le réalisateur divise « Rosalinde » en sept épisodes qui doivent chacun répondre à une question. C’est là que ça se complique, parce que les questions de Wiser sont d’une banalité affligeante. « Seule ou bien accompagnée ? »,  « c’est quoi le coup de foudre ? » suscitent des réponses qui ne vont pas très loin.

« La peur de souffrir« 

On ne doute pas de la sincérité de  Soraya quand elle explique que, pour elle, le risque dans l’amour c’est la « peur de souffrir » ; ni de celle de  Lili qui décrit le coup de foudre comme « un courant électrique » qui passe. Mais franchement, fallait-il consacrer un documentaire pour recueillir ce que chacun sait déjà ?  Episode 6 : « comment décrire l’amour ? ». La question ne se pose plus, tant les interviewées multiplient les lieux communs, à base de « bulle », de « magie » ou « d’échanges de particules ».

En plus de ne rien nous apprendre, Paco Wiser donne franchement l’impression de se moquer de nous dans la réalisation de son web-documentaire. Les épisodes durent entre trois et quatre minutes et donc la recherche de la nouvelle Rosalinde est expédiée vite fait bien fait en moins d’une demi-heure. Juste le temps qu’il faut pour ne rien dire sur un sujet aussi vaste. Ne rien dire, c’est ce qu’aurait pu faire Wiser, dont la voix, teintée d’un intimisme presque agaçant, intervient systématiquement au milieu des interviews et finit par déranger. Pas autant ceci dit que ses mouvements de caméra brusques et ses plans vacillants pris à la main. « Rosalinde » prétend pompeusement « traduire Shakespeare », mais en aussi peu de temps et avec aussi peu de réflexion, c’est à se demande si Wiser n’a pas ajouté ce sous-titre au second degré, tant il paraît incongru.

Trop court, trop simple, trop rapide : le web-documentaire de Wiser présente peu d’intérêt. Les grands romantiques et les poètes chevronnés y trouveront peut-être un certain plaisir, même s’ils ont sûrement déjà tiré bien plus de conclusions sur le sujet. Parce qu’à l’image de Sarah, qui estime que c’est « bon pour l’équilibre d’être avec quelqu’un », mais que bon, « c’est le bordel aussi quand t’es en couple », Rosalinde embrouille et ne délivre aucun message. Sinon celui d’un projet franchement maladroit.

Corentin Bainier

A lire aussi: Droit de réponse au réalisateur Paco Wiser.
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